Mon employeur ne m’a rien dit
C’est à lui d’organiser la visite. Relancez par écrit : l’absence de convocation ne vous met jamais en tort, et elle engage sa responsabilité.
Je travaille sur des machines dangereuses
Alors ce n’est pas une simple visite d’information : un examen d’aptitude par un médecin du travail est exigé avant même votre affectation au poste.
Je suis mineur
Les règles de suivi sont renforcées, et l’affectation à certains travaux suppose une déclaration de dérogation de l’employeur.
Entre la signature du contrat, l’entrée en CFA et les premiers jours en entreprise, la visite médicale passe souvent inaperçue. Elle est pourtant obligatoire, encadrée par des délais précis, et son absence se retourne contre l’employeur.
Dans quel délai doit-elle avoir lieu ?
La règle générale : la visite d’information et de prévention doit intervenir dans un délai maximal de deux mois à compter de l’embauche.
Elle est organisée par l’employeur, qui adhère obligatoirement à un service de prévention et de santé au travail. L’apprenti n’a rien à faire, sinon s’y rendre.
Depuis les dernières évolutions réglementaires, cette visite peut, à titre dérogatoire, être réalisée par un médecin de ville lorsque le service de santé au travail n’est pas en mesure de la programmer dans les délais. C’est une souplesse prévue pour éviter les retards, pas une option laissée au choix de l’employeur.
Le temps passé en visite est considéré comme du temps de travail, et les frais de transport sont pris en charge.
Que se passe-t-il pendant la visite ?
Elle est réalisée par un professionnel de santé du service : médecin du travail, collaborateur médecin, interne ou infirmier en santé au travail.
Son objet n’est pas de délivrer une aptitude, mais d’informer, de repérer d’éventuels risques et d’ouvrir un dossier médical en santé au travail. Concrètement : un entretien sur le poste, les conditions de travail et l’état de santé, quelques mesures simples, et des conseils de prévention.
À l’issue, une attestation de suivi est remise à l’apprenti et à l’employeur. Elle ne contient aucune information médicale confidentielle.
Si le professionnel repère une difficulté, il oriente vers le médecin du travail, seul habilité à proposer des aménagements. C’est l’un des rares moments où un apprenti peut signaler une contrainte de santé sans passer par son employeur.

Les postes à risques particuliers
Le régime change complètement dès que le poste expose à certains risques : amiante, plomb, agents cancérogènes, rayonnements ionisants, travail en hauteur, chutes de hauteur lors du montage d’échafaudages, conduite d’équipements.
| Situation | Type de suivi | Moment |
|---|---|---|
| Poste ordinaire | Visite d’information et de prévention | Dans les 2 mois suivant l’embauche |
| Poste à risques particuliers | Examen médical d’aptitude par un médecin du travail | Avant l’affectation au poste |
| Apprenti mineur sur travaux réglementés | Suivi renforcé et déclaration de dérogation | Avant l’affectation |
Cette distinction est la plus importante de tout le sujet. Elle explique pourquoi deux apprentis embauchés le même jour dans la même entreprise peuvent relever de procédures différentes.
Le cas des apprentis mineurs
Les apprentis mineurs bénéficient de protections supplémentaires, sur le suivi médical comme sur la nature des travaux confiés.
Certains travaux dits réglementés leur sont interdits, sauf dérogation. L’employeur doit alors déclarer cette dérogation, garantir un encadrement, et s’assurer que l’avis médical d’aptitude a bien été rendu.
La durée du travail et le repos obéissent également à des règles propres, qui s’articulent avec le calendrier du CFA — un sujet que nous détaillons avec les 45 jours de période d’essai en apprentissage.
Relancez par écrit si rien ne vient
L’obligation pèse sur l’employeur, jamais sur l’apprenti. Son absence l’expose à une sanction, et surtout à une responsabilité aggravée en cas d’accident du travail.
La bonne démarche, côté apprenti, est simple : relancer par écrit, courriel suffisant, en gardant une trace. Si rien ne bouge, le CFA peut intervenir, de même que l’inspection du travail.
L’absence de visite ne suspend ni le contrat ni la rémunération : c’est un manquement de l’employeur, pas une irrégularité du contrat — contrairement à d’autres oublis aux effets financiers directs, comme les primes de fin de contrat.
La visite médicale d’apprenti est-elle obligatoire ?
Oui, dans les deux mois suivant l’embauche, et avant l’affectation pour les postes à risques particuliers.
Qui la paie ?
L’employeur, via son adhésion au service de prévention et de santé au travail. L’apprenti n’avance rien.
Peut-on la passer chez un médecin de ville ?
Oui, à titre dérogatoire, lorsque le service de santé au travail ne peut pas la programmer dans les délais.
Que reçoit-on à l’issue ?
Une attestation de suivi, remise à l’apprenti et à l’employeur, sans information médicale confidentielle.
Le temps de visite est-il payé ?
Oui, il compte comme du temps de travail, et les frais de déplacement sont pris en charge.
Vérifiez la date de votre embauche et comptez deux mois. Si vous approchez de l’échéance sans convocation, écrivez à votre employeur et mettez le CFA en copie : c’est la manière la plus rapide de débloquer la situation.
Ministère du Travail, suivi médical des apprentis et visite d’information et de prévention : délais, professionnels habilités et cas des postes à risques, consulté le 22 septembre 2026.
