Un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation est un contrat de travail : votre employeur a cotisé à l’assurance chômage, et sa fin vous place dans la situation d’un salarié en fin de CDD. La vraie différence tient au montant, calculé sur un salaire d’alternant. Voici les règles, trois exemples chiffrés et le calendrier des démarches.
Un alternant a-t-il droit au chômage ?
Oui, dans les mêmes conditions que les autres salariés. France Travail le dit sans ambiguïté : si vous perdez involontairement un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, l’accès à l’allocation et ses modalités sont identiques à celles des autres salariés. Quatre conditions doivent être réunies :
- avoir travaillé au moins 6 mois, soit 130 jours ou 910 heures, au cours des 24 mois qui précèdent la fin du contrat (36 mois à partir de 55 ans) ;
- avoir perdu son emploi de façon involontaire ;
- être inscrit comme demandeur d’emploi et rechercher effectivement un emploi ;
- être physiquement apte au travail et résider en France.
Un contrat rompu au bout de quatre mois ne suffit pas seul, mais les jobs d’été, CDD ou missions d’intérim des 24 derniers mois s’additionnent. Les règles de base sont rappelées dans notre fiche sur le contrat d’apprentissage, sa durée et sa rupture.
Fin de contrat, rupture, démission : qui est indemnisé
Tout se joue sur le caractère involontaire de la perte d’emploi. Le tableau ci-dessous reprend les cas rencontrés en fin d’alternance.
| Situation à la fin de l’alternance | Allocation chômage | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Fin normale d’un contrat d’apprentissage | Oui | C’est le cas le plus fréquent : un CDD arrivé à son terme |
| Fin d’un contrat de professionnalisation en CDD | Oui | Même règle que pour l’apprentissage |
| Contrat de professionnalisation en CDI | Non | L’action de formation se termine, le CDI continue |
| Licenciement par l’employeur après 45 jours | Oui | Faute grave, inaptitude, exclusion définitive du CFA, liquidation |
| Rupture par l’employeur pendant les 45 premiers jours | Oui | À condition d’avoir 6 mois de travail sur 24 mois au total |
| Rupture à votre initiative, démission | Non, en principe | Sauf démission dite légitime, ou réexamen après 121 jours de chômage |
| Rupture d’un commun accord | À faire vérifier | Ce n’est pas une rupture conventionnelle : France Travail regarde qui a demandé la rupture |
| Nouvelle alternance signée dans la foulée | Sans objet | Vous êtes salarié ; les droits acquis restent en réserve |
La prime de précarité, elle, n’est pas due en fin d’alternance ; ce qui reste dû est détaillé dans notre article sur la prime de fin de contrat en alternance.

Combien touche-t-on après une alternance ?
Le calcul part du salaire journalier de référence, le SJR : la somme des salaires bruts perçus sur la période de référence, divisée par le nombre de jours calendaires de cette période. L’allocation journalière retient ensuite la plus favorable de deux formules, 57 % du SJR ou 40,4 % du SJR plus une partie fixe d’environ 13 €. Elle ne peut pas dépasser 75 % du SJR.
Pour un salaire d’alternant, ce plafond de 75 % joue souvent. France Travail le reconnaît : rémunérés en dessous du salaire minimum, les alternants ouvrent des droits « a priori modestes ». Trois exemples, calculés sur la grille 2026 et un SMIC mensuel brut de 1 867,02 € :
| Profil | Salaire brut mensuel | SJR | Allocation journalière estimée | Sur 30 jours |
|---|---|---|---|---|
| Apprenti de 19 ans, contrat de 2 ans | 802,82 € puis 952,18 € | 28,85 € | 21,64 € (plafond 75 %) | ≈ 649 € |
| Contrat pro de 12 mois, 20 ans, sans bac pro | 1 026,86 € | 33,76 € | 25,32 € (plafond 75 %) | ≈ 760 € |
| Apprenti de 26 ans, contrat de 2 ans | 1 867,02 € | 61,38 € | ≈ 37,80 € | ≈ 1 134 € |
Le salaire de référence est le brut. Or un apprenti ne paie pas de cotisations salariales jusqu’à 50 % du SMIC, ce qui rapproche son brut de son net, comme l’explique notre point sur la cotisation apprenti et le seuil de 50 % du SMIC. Le grand écart entre salaire et allocation ressenti par beaucoup de jeunes vient donc surtout du plafond.
La durée d’indemnisation, contrat par contrat
La durée se calcule en jours calendaires : chaque jour de la période de référence compte, puis on applique un coefficient de 0,75. Elle ne peut pas descendre sous 182 jours ni dépasser 548 jours, soit 18 mois, avant 55 ans.
- Apprentissage de 3 ans : 730 jours retenus sur la période de 24 mois, soit 548 jours, le maximum.
- Apprentissage de 2 ans : 730 jours, soit 548 jours d’indemnisation.
- Contrat de professionnalisation de 12 mois : 365 jours, soit 274 jours, environ 9 mois.
- Contrat de 6 mois : 182 jours, soit 137 jours après coefficient, relevés au plancher de 182 jours.
Vérifiez avec votre employeur qu’il transmettra bien l’attestation employeur, désormais envoyée par voie dématérialisée. Notez le nombre de jours de congés non pris : l’indemnité compensatrice versée à la sortie décale le premier paiement de quelques jours.
Les démarches, de la fin du contrat au premier versement
Le versement ne démarre pas le lendemain de la fin du contrat. Trois délais s’enchaînent, et l’inscription conditionne tout.

- Inscrivez-vous sur francetravail.fr dès la fin du contrat. Le délai maximum est de 12 mois, mais chaque semaine de retard est perdue.
- Faites votre demande d’allocation dans la foulée ; l’attestation employeur est récupérée automatiquement.
- Un différé s’applique si vous avez touché une indemnité de congés payés, à raison d’un jour par tranche égale au SJR.
- Un délai d’attente de 7 jours s’ajoute dans tous les cas.
- Actualisez votre situation chaque mois : l’allocation est versée après l’actualisation, au début du mois suivant.
Retrouver un emploi : le droit d’option
C’est la règle propre à l’alternance. Les droits ouverts par votre contrat sont versés jusqu’à épuisement, même si vous retravaillez entre-temps. Or ils sont faibles : après un emploi « classique » mieux payé, le nouveau droit serait presque toujours plus avantageux.
Vous pouvez alors, à tout moment, opter pour ce nouveau droit au lieu de finir l’ancien. Il faut remplir à nouveau les conditions d’ouverture. Le choix est définitif : vous renoncez au reliquat. Si l’option se présente lors d’une inscription, France Travail vous la propose par courrier et vous avez 21 jours pour la confirmer ; en cours d’indemnisation, la demande se fait par écrit à votre agence.
Reprendre ses études ou signer une nouvelle alternance
Reprendre des études à temps plein ferme la porte à l’allocation : un étudiant n’est pas considéré comme disponible pour un emploi. Une formation financée par France Travail, en revanche, peut maintenir l’indemnisation.
Signer une nouvelle alternance vous rend salarié ; si vous touchiez déjà l’allocation, le cumul reste possible, France Travail déduisant chaque mois 70 % du salaire brut repris. Pour viser un contrat plus long ou mieux rémunéré, relisez notre méthode pour trouver une alternance et la grille du salaire d’un apprenti en 2026.
Peut-on toucher le chômage après un contrat de professionnalisation ?
Oui, si le contrat était un CDD arrivé à son terme ou rompu par l’employeur, avec 6 mois de travail sur les 24 derniers mois. Conclu en CDI, il continue après la formation : pas de fin de contrat.
Combien de temps faut-il avoir travaillé pour toucher le chômage ?
Au moins 130 jours ou 910 heures, soit 6 mois, au cours des 24 mois précédant la fin du contrat, ou des 36 mois à partir de 55 ans. Toutes les périodes salariées comptent : alternance, CDD, intérim, jobs d’été.
Le chômage est-il calculé sur le salaire d’apprenti ?
Oui. Le salaire journalier de référence reprend les salaires bruts de l’alternance, et l’allocation ne peut pas dépasser 75 % de ce salaire journalier. Pour un apprenti de 19 ans en contrat de 2 ans, cela donne environ 21,64 € par jour.
Peut-on toucher le chômage après une rupture pendant la période d’essai ?
Si c’est l’employeur qui rompt pendant les 45 premiers jours, oui, à condition d’avoir 6 mois de travail au total sur 24 mois. Si c’est vous, la rupture est assimilée à un départ volontaire et n’ouvre pas de droits, sauf exceptions.
Un étudiant qui reprend ses études peut-il toucher le chômage ?
Non, pas s’il reprend un cursus à temps plein : il n’est pas disponible pour un emploi. L’inscription reste possible jusqu’à 12 mois après la fin du contrat.
Un mois avant la date de fin, notez dans votre agenda trois choses : la date exacte de fin du contrat, le nombre de jours de congés restants et le jour où vous vous inscrirez. Puis faites l’inscription en ligne le lendemain de la fin, et gardez la notification de droits : elle vous servira si l’option pour un nouveau droit se présente.
France Travail, Je suis apprenti(e) ou en contrat de professionnalisation, consulté le 2 octobre 2026.
