En arrêt maladie, un apprenti perçoit des indemnités journalières de l’Assurance maladie égales à 50 % de son salaire, après 3 jours de carence, à condition d’avoir travaillé 150 heures sur les 3 mois précédents. L’employeur complète seulement après un an d’ancienneté, dès le 8e jour, ou plus tôt si la convention collective le prévoit. Pour un apprenti de 18 à 20 ans en première année, cela donne environ 13,20 € par jour.
Un apprenti malade est salarié, donc couvert comme n’importe quel salarié du privé. Ce qui change, c’est le salaire de départ, très inférieur au SMIC, et donc le montant des indemnités. Voici ce que cela donne en euros.
Que touche un apprenti en arrêt maladie ?
Deux versements peuvent s’ajouter. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJ), égales à 50 % du salaire journalier de base, à partir du 4e jour. L’employeur complète jusqu’à 90 % du salaire brut, mais seulement avec un an d’ancienneté ou si la convention collective est plus généreuse.
Le tableau compare les trois cas possibles pour un apprenti de 18 à 20 ans en première année, payé 802,82 € brut par mois (43 % du SMIC de 1 867,02 €), pendant un arrêt de 30 jours.
| Situation | Qui paie | Total brut sur 30 jours | Part du salaire |
|---|---|---|---|
| Moins d’un an d’ancienneté, pas de maintien conventionnel | Assurance maladie seule | 356,40 € | 44 % |
| Un an d’ancienneté ou plus, maintien légal | Assurance maladie et employeur | 606,74 € | 76 % |
| Convention collective avec maintien intégral | Employeur, souvent remboursé des IJ | 802,82 € | 100 % |
Pour la grille de départ selon l’âge et l’année de contrat, reportez-vous au salaire d’un apprenti en 2026, car tout le reste en découle.
Avoir droit aux indemnités : la barre des 150 heures
Les IJ ne sont pas automatiques. Pour un arrêt de moins de 6 mois, il faut justifier, au jour de l’arrêt, de l’une de ces deux conditions :
- avoir travaillé au moins 150 heures pendant les 3 mois civils (ou les 90 jours) qui précèdent ;
- ou avoir cotisé, sur les 6 derniers mois, sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire, soit environ 12 500 €.
La seconde condition est hors de portée d’un apprenti payé 800 € par mois : sur six mois, il n’atteint que 4 800 € environ. Tout se joue donc sur les 150 heures. Les semaines passées au CFA comptent comme du temps de travail, et chaque jour déjà indemnisé par la Sécurité sociale est compté pour 6 heures.
À 7 heures par jour, 150 heures représentent un peu plus de 21 jours travaillés. Un apprenti qui tombe malade dans les trois premières semaines de son contrat peut donc n’ouvrir aucun droit aux IJ. Ce risque se cumule avec la période d’essai de 45 jours, pendant laquelle le contrat se rompt plus facilement.
Comment se calculent les indemnités journalières ?
On additionne les trois derniers salaires bruts, on divise par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base, puis on prend la moitié. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 SMIC, ce qui ne concerne jamais un apprenti. Les IJ sont versées pour chaque jour calendaire, week-ends compris, et ne peuvent pas dépasser 42,97 € par jour.

Appliquée aux salaires de la première année du barème légal, la règle donne ces montants :
| Âge de l’apprenti | Salaire brut mensuel | Salaire journalier de base | IJ par jour |
|---|---|---|---|
| Moins de 18 ans (27 %) | 504,10 € | 16,57 € | 8,29 € |
| 18 à 20 ans (43 %) | 802,82 € | 26,39 € | 13,20 € |
| 21 à 25 ans (53 %) | 989,52 € | 32,53 € | 16,27 € |
Sur un arrêt de 30 jours, le délai de carence retire 3 jours de versement : un apprenti de 18 ans touche donc 27 jours d’IJ, soit 356,40 €. Les IJ sont calculées sur le brut, avant les cotisations de l’apprenti.
Le complément de l’employeur : ancienneté, délai et convention
La loi impose un complément à tout salarié qui compte un an d’ancienneté à la date de l’arrêt, a transmis son certificat médical sous 48 heures et dépend d’un régime ouvrant droit aux IJ. Le délai de carence de l’employeur est de 7 jours : le complément commence au 8e jour de l’arrêt, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
- De 1 à 5 ans d’ancienneté : 30 jours à 90 % du salaire brut, puis 30 jours à 66,66 %.
- Au-delà, la durée augmente de 10 jours à 90 % et de 10 jours à 66,66 % par tranche de 5 ans d’ancienneté.
- Les IJ de la Sécurité sociale sont déduites du montant dû par l’employeur.
Un apprenti en première année n’a donc pas encore droit au complément légal. Il le retrouve en deuxième année s’il reste chez le même employeur. Beaucoup de conventions collectives améliorent ce régime, parfois dès le premier jour : le numéro IDCC figure sur le contrat et le bulletin de paie, et l’employeur doit tenir la convention à disposition. L’employeur peut maintenir le salaire puis se faire rembourser les IJ : c’est la subrogation, qui lui évite d’attendre les versements de la caisse.
Les démarches à faire dans les 48 heures
Le délai de 48 heures s’applique à l’envoi de l’avis d’arrêt de travail. Au-delà, l’Assurance maladie peut réduire les indemnités et l’employeur peut refuser le complément. Dans l’ordre :
- faire établir l’arrêt par le médecin, en ligne ou sur le formulaire papier sécurisé, seul accepté pour les arrêts sur papier ;
- transmettre les volets à la caisse d’assurance maladie, et le volet destiné à l’employeur dans les 48 heures ;
- prévenir le maître d’apprentissage et le CFA, pour justifier les absences en entreprise comme en formation ;
- conserver une copie de l’arrêt et noter la date de début, car elle fixe les trois mois utilisés pour le calcul.
L’employeur a le droit d’organiser une contre-visite médicale quand il verse un complément. Le contrat d’apprentissage reste en vigueur pendant l’arrêt, avec les mêmes règles de rupture que d’habitude.
Accident du travail ou de trajet : une indemnisation plus rapide
Quand l’arrêt résulte d’un accident du travail, d’un accident de trajet ou d’une maladie professionnelle, il n’y a pas de délai de carence : les IJ débutent dès le premier jour d’absence, et le complément de l’employeur aussi. Aucune durée minimale de travail n’est exigée. Déclarez l’accident à l’employeur le jour même ou le lendemain.
Arrêt maladie et semaines au CFA
L’arrêt couvre toute la période indiquée, qu’elle tombe en entreprise ou en formation. Remettez un double au CFA pour que les cours manqués soient enregistrés comme absences justifiées. Si l’arrêt chevauche un examen, prévenez le centre sans attendre : il connaît les sessions de rattrapage. Pour aller plus loin, le cas d’un apprenti absent sans justificatif détaille la retenue sur salaire et les sanctions possibles.
Un apprenti est-il payé en arrêt maladie ?
Il perçoit au moins les IJ de l’Assurance maladie, à 50 % du salaire, après 3 jours de carence, s’il a travaillé 150 heures sur les 3 derniers mois. Le reste dépend de l’ancienneté et de la convention.
Y a-t-il un délai de carence ?
Oui, de 3 jours pour la Sécurité sociale et de 7 jours pour le complément légal de l’employeur. Aucune carence n’existe en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.
Quel est le montant maximum des indemnités ?
Les IJ ne peuvent pas dépasser 42,97 € bruts par jour. Un apprenti, dont le salaire est inférieur au SMIC, est très en dessous de ce plafond.
L’apprenti mineur a-t-il les mêmes droits ?
Oui. Les conditions d’ouverture des droits sont identiques, et le calcul se fait sur le salaire réel, soit 27 % du SMIC en première année avant 18 ans.
Peut-on rompre le contrat pendant un arrêt maladie ?
Après la période d’essai, l’employeur ne peut rompre le contrat que pour faute grave, inaptitude ou dans les cas prévus par la loi. Une rupture à l’amiable reste possible. En cas de doute, contactez le médiateur de l’apprentissage.
Avant d’aller plus loin, retrouvez votre numéro de convention collective sur le bulletin de paie, vérifiez votre ancienneté et comptez vos heures sur les trois derniers mois. Si le total tombe sous 150 heures ou si le complément ne figure pas sur la fiche de paie, posez la question par écrit à l’employeur, puis à la caisse d’assurance maladie. Côté protection collective, la mutuelle et la prévoyance de l’entreprise détaillent ce qu’un régime collectif ajoute aux indemnités de la Sécurité sociale.
Service-Public.fr : arrêt maladie, indemnités journalières versées au salarié, vérifié le 1er juin 2026, consulté le 9 octobre 2026. Les montants en euros sont calculés pour cette page à partir du SMIC du 1er juin 2026.
